Un bol d’air?

A Paris et dans les grandes villes mondiales, le problème de la qualité de l’air est de taille. De nombreuses villes européennes et mondiales semblent décidées à faire la chasse aux polluants atmosphériques et notamment aux particules. Ces derniers mois, on a entendu parler de péages urbains, de zones environnementales, d’interdiction des véhicules diesel dans les autres pays, mais rien en France. Il semble que nous soyons encore dans le temps du débat sur la dangerosité des polluants atmosphériques.

La situation est pourtant loin d’être idéale. Selon le dernier rapport d’AirParif, 24% de la population en région parisienne (soit 2,66 millions de personnes) sont exposées à un air atteignant ou excédant l’objectif de qualité. Cela ne semble pourtant inquiéter personne. Les études étrangères sont un peu plus crues, notamment envers les particules fines émises par les véhicules diesel. L’étude du New England Journal Of Medecin datant du 6 décembre 2007 démontre une corrélation entre les particules fines et les symptômes de l’asthme. Une étude de l’Université de Gand indique que les particules fines seraient responsables de 10 000 cancers du poumon mortels par million d’habitants et que pour les maladies cardio-vasculaires les chiffres seraient du même ordre. Pour terminer, l’Hôpital Karolinska de Stockholm souligne que les hommes exposés à des particules diesel en raison de leur métier (conducteurs de taxi et de bus, camionneurs, mécaniciens, ouvriers) seraient exposés à une probabilité accrue de 63 % de développement de développer un cancer pulmonaire. Avec des résultats comme ceux-là on se demande pourquoi le sujet n’est pas plus présent dans l’information publique.

Le lobby diesel serait-il si puissant ? Ce qui est sûr c’est que la qualité de l’air ne s’améliore pas ! Les dépassements des valeurs limites de concentration de particules dans l’air sont chaque année plus nombreux. Rappelons que le seuil limite est de 50 micro/grammes par m3. Il est particulièrement permissif puisque c’est une norme de 15 micro/grammes par m3 qui est retenu aux Etats-Unis alors que celui de l’OMS est de 10 micro/grammes par m3. Je vous laisse regarder le détails des particules dans les documents d’information d’AirParif, vous en saurez plus sur les microparticules, les particules PM10, les particules PM2,5, les nanoparticules et les autres.

Rassurons-nous, les constructeurs automobiles sont sur le coup…La norme Euro 5 rendra obligatoires les filtres à particules sur les véhicules diesel neufs, malheureusement ces filtres n’ont qu’une efficacité relative (comprise entre 60 et 80 %) et ils ne concerneront que les véhicules particuliers et neufs…et rassurons-nous davantage, les autorités sont prêtes à faire face au problème : déconseiller, voire interdire aux cyclistes, joggeurs et autres sportifs en plein air de s’agiter au milieu des voitures et pourquoi interdire aux personnes asthmatiques sortir de chez elles ! C’est sûr que c’est ça la solution au problème.

La France à la traîne?

À Tokyo, il existe depuis 1992 une régulation des émissions des véhicules diesel en NOx applicable pour les véhicules circulant dans trois zones : métropole de Tokyo, préfecture d’Aichi (Nagoya), préfectures d’Osaka et de Hyogo. La metropole de Tokyo a établi en 2003 des normes d’émissions plus strictes que celles de la loi générale, interdisant de fait un grand nombre de véhicules diesel.

A Londres, Oslo, Stockholm, Singapour et d’autres encore, le péage urbain est utilisé pour réduire la congestion automobile. Il s’agit d’un péage routier concernant certaines catégories de véhicules automobiles qui entrent dans le centre de ses villes. Selon le maire de Londres Ken Livingstone « Cette taxe de huit livres (12 euros) pour la journée, payable du lundi au vendredi de 07h00 à 18h00, doit permettre de réduire le trafic de 10 à 15% dans l’ouest de Londres.«  Plus encore, Londres a établi une tarification différenciée selon les catégories de véhicules, plus il émet de CO2 par kms parcourus et plus il devra payer chez le stationnement. Le prix exhorbitant fera réfléchir à deux fois les propriétaires de grosses berlines.

En Allemagne, trois villes ont décidé d’interdire la circulation dans les centre-ville aux véhicules très polluants grâce à la délimitation d’une zone environnementale, Umweltzonen (d’environ 88km2). Un système de vignettes a été mis en place, il permet de différencier les véhicules en fonction de leurs niveaux d’émissions de polluants. Il existe trois vignettes différentes : verte, orange et rouge (du plus propre au plus polluant). Les véhicules possédant la vignette verte se verront librement accéder aux zones environnementales, tandis que les autres seront soumis à des restrictions. L’expérience, mise en place le 1er janvier 2008 semble porter ses fruits, au point que 17 autres villes allemandes ont décidé d’adopter le système.

lez.png

Il suffit de regarder le travail fait en Europe sur les « Low Emission zones » pour voir que la France est une grande absente…

Low Emission Zones

AirParif n°30

PM10

Particules atmosphériques

Qualité de l’air en Europe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :